Week-end à… Fiskárdo : à la découverte de ce village grec de l’île de Céphalonie aux accents vénitiens et paysages verdoyants
- À la pointe nord de l’île de Céphalonie, à l’ouest de la Grèce, le village de Fiskárdo se distingue par ses façades colorées et son structure héritée de trois siècles de domination vénitienne.
- Loin des clichés des maisons blanches et coupoles bleues, ce village offre un visage méconnu de la Grèce, entre traditions locales et paysages verdoyants.
- Roxane Sygula nous information et nous livre ses bons plans le temps d’un week-end.
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Dès le premier regard, Fiskárdo surprend par son structure atypique. Ses façades élancées, ses volets aux couleurs acidulées et ses ruelles escarpées évoquent davantage l’Italie que la Grèce traditionnelle. Cette singularité s’explique par trois siècles de domination vénitienne, qui ont laissé en héritage une palette de couleurs caractéristique. « Les Italiens ont envahi notre île et sont restés ici pendant des années. Nous avons beaucoup de mots italiens dans notre langue, beaucoup de coutumes italiennes ici »
, explique Niki, artiste locale qui vend ses toiles depuis vingt ans dans l’une des ruelles du village.
Situé à la pointe nord de l’île de Céphalonie, à l’ouest de la Grèce, Fiskárdo est un village de contrastes où les modestes bateaux de pêche côtoient les yachts, et où l’odeur du sel marin se mêle à celle de la forêt. L’île de Céphalonie se distingue d’ailleurs comme l’une des plus verdoyantes de tout le pays, sculptée par les pluies et les vents venus de l’ouest.
Des ruines ottomanes aux traditions culinaires
Après deux heures de marche, les ruines du château d’Assos, village voisin, offrent un level de vue remarquable. De cette ancienne forteresse qui protégeait l’île des attaques ottomanes, reste une vue qui fait oublier les 170 mètres de dénivelé. « C’est tellement vert, il y a beaucoup d’autres îles en Grèce qui sont très rocheuses, mais ici il y a tellement de beaux arbres, les cyprès, les pins »
, s’émerveille un touriste britannique.
La gastronomie locale mérite également le détour. Notre équipe fait une halte à la taverne Botoslos, accueillie par le propriétaire Vaggelis Kosionos. Pour 10 euros la half, la creatopita, tarte typique de Céphalonie, révèle la saveur puissante de la viande de chèvre dès le premier coup de fourchette. Le chef montre le secret de sa recette : dans sa marmite, la viande mijote avec une pointe de sel et quelques morceaux de feta, avant d’être mélangée à une bonne dose de riz et enveloppée dans une pâte brisée.
Plusieurs fois par semaine, Venetia se produit avec sa troupe dans des eating places, des salles des fêtes et des églises aux quatre cash de l’île. Elle perpétue le diva ratikos, une danse traditionnelle qu’elle pratique depuis l’âge de 8 ans. « Ici, les petits l’apprennent souvent dès qu’ils sont au jardin d’enfants. Et notre tenue, c’est celle que les paysannes portaient ici à l’époque. Quelque chose de simple parce que les Céphaloniens étaient très pauvres »
, précise-t-elle.
L’hébergement de ce week-end se fait dans l’un des plus vieux bâtiments du village, construit il y a 200 ans par l’arrière-arrière-grand-père de Stavroula Dimoulea, responsable de l’établissement Odysseas Waterfront Apartments. En 1953, un puissant séisme a presque tout détruit sur l’île, mais ce bâtiment est resté debout, offrant aujourd’hui une vue directe sur Fiskárdo .
La grotte de Melissani, joyau souterrain
Une heure de route vers le sud mène à la grotte de Melissani, accessible pour 5 euros. À bord d’une barque, les visiteurs descendent jusqu’à 60 mètres sous terre, découvrant d’imposantes stalactites dont les plus grandes mesurent plus de 3 mètres et sont âgées de 20.000 à 30.000 ans. « Là-haut, avant, c’était fermé. Il y avait de la terre, une forêt. Mais il y a 50 000 ans, le sol s’est effondré. Ce qui a donné ce trou, c’est unique en Grèce »
, explique Lambrosse Papalambros, le information de Sami Trekking. Un trou de 40 mètres de diamètre laisse pénétrer une immense pluie de lumière, créant un spectacle naturel saisissant.
Pour terminer la découverte de Fiskárdo, la location d’un bateau pour 50 euros l’après-midi permet d’explorer la mer Ionienne, même sans permis bateau. En laissant le port derrière soi, le silence s’installe et offre la liberté de choisir entre l’une des minuscules criques pour y jeter l’ancre, avec pour seule compagnie les chênes verts à flanc de falaise.
