REPORTAGE – Mer Rouge : regardez comment le réchauffement climatique tue les coraux
Au giant de l’Arabie Saoudite, l’un des plus beaux récifs de corail du monde est plus que jamais menacé.
Le réchauffement des eaux blanchit les coraux, mais des scientifiques sont à pied d’œuvre pour les sauver.
Une équipe de TF1 vous plonge en mer Rouge.
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Le 20H
C’est l’un des récifs coralliens les plus préservés au monde… et aussi l’un des plus menacés. « Il y a beaucoup de choses uniques ici », explique Raquel Peixoto, professeure de sciences marines à l’université de Kaust en Arabie Saoudite, interrogée dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. Sous l’eau, 300 sorts de coraux différents et avec eux, une biodiversité impressionnante. Mais le réchauffement climatique, plus intense d’année en année, tue le corail. Ce jour-là, l’eau est à 31 degrés. « Les coraux, ici, en mer Rouge, peuvent résister jusqu’à 34 degrés », indique l’universitaire.
Lorsque la température augmente trop, les coraux blanchissent et les micro-organismes qui les nourrissent disparaissent. Il s’agit de la première étape avant leur mort. Si cette étape dure trop longtemps, les coraux ne survivent pas. « Les coraux luttent encore contre le blanchissement de l’été dernier. Et là, ils doivent faire face à un nouveau blanchissement. Cette année, le niveau de mortalité va forcément augmenter », alerte Raquel Peixoto.
Des « super coraux »
Pour les sauver, la professeure injecte à ces polypiers des probiotiques à l’aide d’une petite seringue, qui font l’effet d’un complément alimentaire. L’année dernière, 80% de ceux qui ont été traités ont survécu. Un travail de fourmi, toutefois insuffisant pour arrêter le blanchissement à grande échelle. « Ça nous fait gagner du temps pour mettre en place le grand changement : pour réduire les gaz à effet de serre, améliorer la qualité de l’eau, et protéger les coraux », avertit Raquel Peixoto.
Si les coraux saoudiens supportaient jusqu’ici les fortes températures, la mer Rouge est désormais trop chaude pour la majorité d’entre eux. L’équipe de TF1 est allée à la rencontre de généticiens qui tentent de croiser les espèces de coraux les plus résistantes afin de créer des « super coraux », capables de survivre avec de fortes températures. « Ils peuvent être clonés. Je peux casser un morceau, et ça deviendra une nouvelle colonie », explique méthodiquement Manuel Aranda, biologiste à l’université de Kaust.
« Je peux les copier-coller, dans l’espoir que ces nouvelles colonies fassent encore plus de bébés, et qu’ils répandront leurs bons gênes », poursuit-il. À terme, le professeur espère que les coraux pourront résister au changement climatique.
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Les coraux accueillant une grande partie des poissons, si le corail meurt, toute la chaîne alimentaire sera, elle aussi, menacée. « On parle de préserver des écosystèmes pour notre propre vie. Pas parce qu’ils sont jolis, ou qu’on les aime bien, mais parce que nous dépendons d’eux pour des océans en bonne santé. Pour remplir les assiettes de beaucoup de gens », détaille Manuel Aranda.
« On voit déjà qu’il y a de l’immigration venant des pays pauvre aggravée par le changement climatique. Eh bien, la mort des coraux ne va rien arranger. Les gens devront partir parce que l’environnement ne pourra plus les nourrir », insiste le chercheur face à notre caméra. Dans le monde, 500 thousands and thousands de personnes dépendent directement de la survie des récifs coralliens, alors qu’en quarante ans, près de la moitié de ces polypiers ont déjà disparu.
