Voyager en train plutôt qu’en avion cet été : ces sites qui veulent « rendre sexy » les vacances durables
- Et si cette année, pour les vacances, vous choisissiez le train plutôt que l’avion ?
- En Europe, des offres se développent pour tenter de convaincre d’utiliser ce mode de transport bien moins émetteur que l’aérien.
- Avec un mot d’ordre : faire rêver.
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Et si le trajet faisait (aussi) partie du voyage ? Alors que l’Europe est frappée de plein fouet par le changement climatique (nouvelle fenêtre), qui entraîne vagues de chaleur, sécheresse et inondations à répétition, voyager peut devenir un moyen de s’engager dans la transition écologique. Comment ? En choisissant le train plutôt que l’avion, soit l’un des modes de transport les moins émetteurs en CO₂ par passager-kilomètre, contre l’un des pires.
Un mode de transport qui convainc d’ailleurs de plus en plus d’utilisateurs : en France et en Europe, la fréquentation dans les wagons ne cesse de battre des information depuis le Covid (nouvelle fenêtre) avec une fréquentation en 2024 sur le Vieux Continent 9% supérieure à celle de 2019, dernière année avant la pandémie.
Face à cet engouement, des plateformes comme HOURRAIL !, Mollow ou OUAT (Once Upon a Train) œuvrent notamment pour développer le ferroviaire comme mode de transport pour les vacances, qu’elles soient en France ou à l’worldwide. Un défi, alors que, selon le Réseau motion climat, le train reste souvent plus cher que l’avion (nouvelle fenêtre) et réserver prend, en moyenne, 70% de temps en plus que pour un vol.
Ça peut être une vraie aventure
Ça peut être une vraie aventure
Alisée Pierrot, cofondatrice de Mollow
« L’idée c’est de rendre sexy un voyage plus durable, en train, à pied, en vélo, en bus, sans avion et sans voiture, mais sans culpabiliser les gens »
, avance Alisée Pierrot, cofondatrice de Mollow, plateforme dédiée au voyage en train.
Consciente des freins que peuvent représenter le prix et le temps de voyage, la jeune femme veut tout de même « lever les barrières au voyage en train »
en proposant des idées de vacation spot, des conseils et des bons plans.
Et ça marche : en trois ans, Mollow a gagné 340.000 abonnés sur Instagram et affiche 200.000 utilisateurs sur le web site. « Ça rentre progressivement dans l’esprit des gens, que le trajet peut faire partie des vacances
, assure Alizée Pierrot. Le temps est d’ailleurs de moins en moins un frein, ça peut être une autre façon de voyager, une vraie aventure ».
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Un argument aussi repris par Benjamin Martinie (alias Tolt sur les réseaux sociaux) qui a fondé la plateforme et l’utility HOURRAIL ! Ce youtubeur « voyage », habitué à prendre l’avion, a emprunté un tournant en 2019 en décidant de stopper ce mode de transport coûteux pour la planète. « Mais j’ai très vite constaté que voyager en train, c’était compliqué, les recherches étaient longues »,
détaille-t-il.
« En comparant avec l’avion, où il suffit de deux clics pour trouver un vol, je me suis dit qu’il y avait un souci »,
raconte encore Benjamin Martinie, qui fonde alors son web site pour « supprimer cette barrière logistique ».
Depuis, il n’a cessé de se développer et œuvre à rendre le train plus accessible. Avec une dernière nouveauté : la mise à disposition, gratuitement et en libre accès sur la plateforme, de son « planificateur de voyages sans avion » (nouvelle fenêtre) pour organiser en quelques clics son voyage en train ou en ferry en Europe.
« Cette ouverture n’était pas prévue dans notre feuille de route avant plusieurs mois. Mais
les canicules à répétition
(nouvelle fenêtre) ont provoqué un véritable électrochoc »
, pointe Benjamin Martinie, qui estime « qu’il est désormais acquis que le train, c’est écologique. La mission désormais, c’est de changer les imaginaires, de savoir comment on arrive à rendre ces voyages désirables et lever les freins ».
Pour cela, il avance des arguments : « Le confort, le fait de pouvoir partir et arriver en centre-ville, pouvoir se poser, admirer le paysage et gagner du temps en évitant les portiques de sécurité et l’attente à la porte d’embarquement des aéroports »
, par exemple.
Une démarche plus politique…
Au-delà des imaginaires, ces sites peuvent également porter un message plus politique. « C’est un sujet assez clivant, notamment parce que le train est plus cher, plus long que l’avion »,
pointe Alisée Pierrot. Mais au niveau individuel, « on peut aussi choisir de faire un trajet plus proche de chez soi, pour lequel le budget n’est pas le même. On peut
prendre des trains de nuit
qui sont très économiques si on s’y prend un peu à l’avance… »,
liste la cofondatrice de Mollow, quand Benjamin Martinie dit « beaucoup travailler sur le sujet de l’accessibilité financière ».
Pour cela, la mobilisation et la sensibilisation à ces voyages sont primordiales. « Pour qu’une ligne de train soit rentable, il faut qu’elle soit remplie, et plus de gens prennent le train, plus ce sera rentable et ça jouera sur les prix »
, guarantee Alisée Pierrot quand le fondateur de HOURRAIL ! pointe aussi la nécessité d’une motion des gouvernements.
« On essaie de faire ce que l’on peut à notre modeste échelle, mais c’est un sujet politique, industriel, et ça ne va pas se régler en deux minutes. Si le prix est élevé, c’est aussi parce qu’il n’y a pas assez de matériel roulant en Europe, pas assez de place par rapport à la demande en période de pointe et ça, tant que ça ne sera pas réglé, il n’y aura pas de baisse possible »,
pointe le fondateur de HOURRAIL !
… et de plus en plus populaire ?
Preuve que cette tendance se développe : de grands acteurs du voyage organisé proposent désormais, eux aussi, des choices « 100% trains ». C’est notamment le cas de Decathlon Travel ou de Nomad Aventure. Chez ce dernier, la gamme a été pensée fin 2019 « pour compléter nos engagements en matière de réduction de l’empreinte carbone »
puis véritablement lancée en 2022 à la sortie du Covid.
Désormais, quand l’agence suggest une formule train ou une formule avion pour un même voyage, 20% de ses shoppers choisissent l’different ferroviaire avec des locations comme l’Italie, l’Écosse, l’Albanie, la Suisse et l’Espagne particulièrement plébiscitées.
Des offres qui bénéficient de l’picture développée par les promoteurs du voyage en train. « On s’est lancés à la base par conviction environnementale, mais on parle peu de l’impact du train et de l’avion, parce qu’on sait que ce n’est pas en culpabilisant les gens qu’on avance. Mais ça reste au cœur du projet »,
pointe Alisée Pierrot, qui veut aujourd’hui « pousser les destinations en train pour faire germer, pour les adeptes de l’avion, une petite graine dans leur tête ».
Car un voyage sur les rails, c’est 4 à 50 fois moins de CO₂ émis par rapport au même trajet en avion. Par exemple, un aller-retour en train Paris-Londres-Glasgow pour une personne représente 7,88 kg d’équivalent CO₂ émis contre 414 pour le même trajet par les airs.
